Dimanche je
récitais une fable de la fontaine à ma mÚre. Pour rien, comme ça dans un moment
de silence je le lui ai rĂ©citĂ©. Elle qui aime tant le silence n’Ă©tait pas enchantĂ©e
Ă l’idĂ©e de se voir arracher ce moment de rĂ©flexion opportun mais on en a bien
rit Ă la fin. Peut-ĂȘtre c’Ă©tait pour me faire plaisir qu’elle en a fait un
sujet de discussion mais en tout cas on a passĂ© un moment Ă parler de la besace. Quand je l’ai lu dans un des
livres de CM2 (je crois), je l’ai tout de suite apprĂ©ciĂ© et je l’ai buchĂ© sans
me faire prier. La fin surtout est restĂ©e marquĂ©e dans ma mĂ©moire. « Mais
parmi les plus fous, notre espĂšce excella, car ce que nous sommes, lynx
envers nos pareils, taupes envers nous-mĂȘme, on se pardonne tout et rien aux
autres hommes… Le souverain crĂ©ateur nous fit tous besacier tant ceux du temps
passĂ© que du temps d’aujourd’hui, il fit pour nos dĂ©fauts la poche de derriĂšre
et celle de devant pour les dĂ©fauts d’autrui. »